Oui protège les sociétés illégales qui s’adonnent au dragage de sable ? D’Azito en passant par île Boulay, Akoua-Agban (Bingerville), Songon Kassemblé, (…), le dragage de sable suscite des conflits. « La brigade anti-remblayage s’est rendue sur le site d’Akoua-Agban. Après avoir constaté qu’il y avait bel été bien du remblayage, elle a fermé le site durant trois semaines. Après audition des villageois et autres propriétaires de parcelles, le Commandant de Brigade anti remblayage a avoué qu’il y a eu remblayage. Contre toute entente, la carrière a été réouverte trois semaines plus tard. Qui aurait donné l’ordre ?», s’interroge une victime de Confianza. Elle dénonce l’expropriation de sa parcelle, acquise des mains de la famille Lokoman, propriétaire et titulaire d’une attestation de propriété coutumière. L’affaire fait grand bruit. Joint au téléphone le mardi 23 décembre dernier aux environs de 13h 11 mn, le directeur général de la Marine qui a émis un avis défavorable relativement au remblayage sur le site a indiqué que le site est fermé en attendant de voir plus claire. « Si vous voulez des informations, venez à nos bureaux. Il y a eu un avis défavorable pour voir plus clair », a souligné le DG. Dans un courrier au ministre délégué auprès du ministre des transports chargé des Affaires Maritimes, le conseil de la société DBV Group révélait que ladite société a acquis de la famille Lokoman, une parcelle de 3 hectares à Akoua-Agban, commune de Bingerville. Laquelle parcelle est située en bordure de la lagune à proximité du village. Contre toute attente, il ressort que l’activité de dragage de sable entreprise par la société Confianza de Ziad Chalal impacte négativement sur la superficie de DBV Group. Pis, Confianza se livre au remblayage lagunaire tout en détruisant les mangroves, à causer la dégradation de la bordure lagunaire. Pourtant, les mangroves en Côte d’Ivoire bénéficient de mesures de protection. D’ailleurs certaines sources soutiennent que le dragage de sable opéré quotidiennement par la société Confianza a permis à son directeur d’acquérir auprès de la chefferie du village d’Akoua-Agban, une parcelle de 3 hectares 97 avec ACD. Réduisant la parcelle de DBV Group de 3 hectares à moins d’un hectare. Le conseil de DBV Group dénonce des faits d’une extrême gravité qui se déroulent sur une partie du bord lagunaire du village de Akoua-Agban (Bingerville). Ce que réfute le Commandant de l’Arrondissement maritime de Bingerville, Aka Danon Espoir. Elle soutient que le remblayage se fait dans la légalité. Lors d’une rencontre avec les victimes et la communauté villageoise sur le site, l’officier maritime indiquait aux populations qui l’accusent de rouler pour la société Confianza que le directeur de ladite société paye ses taxes. « L’état est au-dessus de la tradition. C’est un remblayage direct né du fait de l’activité. On ne peut pas faire de dragage sans qu’il y ait de refoulement de lopin de terre. Ce n’est pas possible. Ce n’est donc pas un remblayage anarchique. C’est l’activité qui engendre cela », expliquait-t-elle. Une victime affirme le contraire et souvient mordicus que le Commandant Aka Espoir avait fermé la carrière pendant une semaine, à partir de 08 décembre 2024, avant de réouvrir. C’est après réouverture que l’officier aurait rencontré les communautés villageoises, les propriétaires terrier, les opérateurs et leur conseil. Malheureusement les procès verbaux desdits rencontres n’ont jamais été donnés aux différentes parties. Sur plainte d’une des victimes, le Commandant de Brigade anti remblayage a été saisi. Des auditions ont été menées. Par la suite, la carrière a été fermée pour cause de remblayage puis réouverte quelques semaines plus tard. Sur ordre de qui ? s’interroge-t-on. La brouille autour de cette affaire, la saisie de différentes structures de l’état a amené le directeur général de la Marine a donné un avis défavorable. Occasionnant à nouveau la fermeture de la carrière par le Procureur auprès du Tribunal de Bingerville. Jusqu’à quand ? Les autorités doivent agir. A un moment où la question foncière et celle du dérèglement climatique se posent avec beaucoup d’acuité, il importe que des mesures idoines soient prises contre l’activité de dragage de sable qui, il faut le rappeler, cause des destructions.
L.S
Source : In Le Franc-Tireur