Un collectif des avocats du PPA-CI accuse dénonce la procédure d’arrestation du ministre Moïse Lida Kouassi et de l’ambassadeur Boubacar Koné. En effet, les avocats s’insurgent et explique que leur arrestation ne s’est pas faite selon la loi. La dénonciation s’est faite lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 13 août 2025 à la Maison de la Presse d’Abidjan Plateau. C’est un récit minutieux que les avocats ont livré aux journalistes. Tout commence par des convocations adressées à quatre cadres du PPA-CI, reçues à la préfecture de police d’Abidjan. Sur place, la réquisition du procureur de la République leur interdit de quitter Abidjan jusqu’à nouvel ordre. S’en suivent des auditions marathon, de 10h30 à 5h du matin, menées par la Direction de la surveillance du territoire (DST). Quelques jours plus tard, expliquent les avocats, deux autres figures du parti, l’ancien ministre d’État Moïse Lida Kouassi et l’ex-directeur du Protocole d’État, l’ambassadeur Koné Boubacar, sont à leur tour convoqués. Selon la défense, le motif initial, la notification d’une réquisition se transforme en auditions menées par des officiers de police judiciaire, en contradiction avec les articles 42 et 43 de la loi de 2005 et des dispositions du ode de procédure pénale encadrant les poursuites contre les anciens membres du gouvernement. « Un ancien ministre ou un haut fonctionnaire ne peut être convoqué et interrogé comme un citoyen ordinaire », martèlent les avocats. Ils rappellent que la procédure spéciale impose l’intervention du procureur général, du Conseil supérieur de la magistrature et d’un juge d’instruction qui doit poser les actes personnellement. Malgré ces rappels, les auditions ont eu lieu de nuit, jusqu’à 18h le lendemain. Le colonel Kéké, également convoqué, a été libéré dans l’après-midi, mais Lida Kouassi Moïse et Koné Boubacar ont été placés en garde à vue, puis transférés à l’unité spéciale antiterroriste, avant d’être inculpés et écroués à l’ex- MACA. Pour la défense, le constat est clair : garde à vue secrète, absence d’avocat malgré la constitution, violation des droits de la défense et de la présomption d’innocence. « On a écarté la voie de l’exception pour appliquer celle du droit commun, comme s’il s’agissait de vulgaires citoyens », déplore Me Zaoui. Les avocats annoncent leur intention de saisir le procureur général, le Conseil supérieur de la magistrature et les organisations de défense des droits humains. Leur objectif : faire lever la réquisition jugée illégale et obtenir la reconnaissance des violations commises. L’affaire pourrait bien, au-delà des deux personnalités politiques, devenir un test majeur pour le respect des garanties légales en Côte d’Ivoire.
Z.M