Côte d’Ivoire-Election présidentielle et la liste électorale provisoire-La CAP-CI dénonce les fraudes et exige une nouvelle CEI

Le sujet qui nous réunit est celui de la liste électorale provisoire pour le scrutin d’octobre 2025. Cette liste nous a été remise le 17 mars 2025 par la Commission Electorale Indépendante (CEI).
Notre propos s’articulera autour de trois points :
⦁ Les faits
⦁ L’analyse des faits
⦁ La position de la CAP-CÔTE D’IVOIRE sur ces faits et sur les élections d’octobre 2025.
⦁ Les Faits
Mesdames et Messieurs,
Les partis politiques de l’opposition avaient demandé de mettre à plat la liste électorale 2025. Cette requête a été ignorée par l’organe en charge des élections en dépit des dispositions de l’article 2 de la loi 2019-708 du 5 Août 2019 portant Organisation et Attributions de la CEI et notamment de l’article 6 de l’ordonnance 2020-356 du 8 Avril 2020 portant révision du code électoral, qui stipule que « La liste électorale est tenue à jour annuellement par la Commission chargée des élections, pour tenir compte des mutations intervenues dans le corps électoral ». La CEI a convoqué, le lundi 17 Mars 2025, une rencontre avec les partis, groupements politiques et les organisations de la société civile, à son siège.
Les représentants de la CAP-Côte d’Ivoire, ceux de plusieurs autres formations politiques ainsi que des organisations de la société civile se sont rendus à cette rencontre espérant saisir l’opportunité qu’elle pouvait offrir pour échanger avec le président de la CEI.
Ils ont, à leur arrivée, été surpris de constater un impressionnant dispositif de policiers avec plusieurs cargos à l’intérieur du siège et sur un important périmètre autour du bâtiment. Il est évident que cette disposition crée un climat de belligérance, et indique clairement que l’opposition et les organisations de la société civile ne sont pas perçus comme des partenaires, mais plutôt, comme des adversaires et une menace, alors que la plupart d’entre elles, notamment les représentants de la CAP-Côte d’Ivoire, souhaitaient simplement engager un dialogue constructif avec le Président de la CEI, et recevoir la liste électorale provisoire.
Ce sentiment a été confirmé par la suite lors de la prise de parole du Président de la CEI, qui a violemment critiqué les partis politiques de l’opposition. Il n’a laissé aucune possibilité d’échanges avec les partis et groupements politiques et les organisations de la société civile. La rencontre s’est donc faite de façon unilatérale et s’est achevée par la remise des supports numériques de la liste électorale provisoire.
⦁ Analyse des faits
Mesdames et Messieurs,
Nous retiendrons essentiellement 3 faits :
⦁ La liste électorale
Au regard de l’environnement et du déroulé de la rencontre du lundi 17 mars 2025, ainsi que de la posture de refus systématique de la CEI de faire droit aux requêtes (pourtant conformes aux dispositions légales en vigueur) de l’opposition et de la société civile, nous pouvons dire que la volonté de cette institution est de faire un passage en force, pour organiser le scrutin d’octobre 2025, sur des bases non consensuelles.
L’utilisation disproportionnée de forces l’ordre dans le cadre de la rencontre du lundi 17 mars 2025 alors qu’il n’y avait aucune insurrection en vue, résulte de la volonté de la CEI de créer un environnement et un climat de tension en indiquant d’ores et déjà, son intention d’intimider les acteurs politiques.

Il importe de souligner que la liste électorale provisoire reçue a été établie, sur la base de la révision de 2024.
Cette liste déjà non consensuelle, ne prend donc pas en compte les mutations survenues dans le corps électoral en 2025, Elle exclut les Ivoiriens arrivés l’âge de la majorité cette année

5.014.479 électeurs sans une identité complète

L’analyse de la liste électorale a montré que de nombreux électeurs n’ont pas une identité complète notamment au niveau de leur nom de famille, prénoms et de leur date et lieu de naissance ainsi que de leur filiation.
5 014 479 électeurs ne respectent pas l’article 7 du code électoral en raison de l’absence de la date de naissance de leurs père et mère ;

Plus de 125000 fraudes de doublon

Des fraudes de doublon portent sur plus de 125 000 électeurs.
Le manque de crédibilité et de fiabilité du système informatique de la CEI est criard allant jusqu’à enregistrer des électeurs plus âgés que leurs parents et des maternités biologiquement improbables avec des mères de moins de 10 ans et plus de 90 ans.
Au total, le système de gestion des données électorales de la CEI est défaillant et garantit pas l’élaboration d’un fichier fiable et crédible.
⦁ Le cas de Messieurs Laurent Gbagbo, Soro Guillaume et Charles Blé Goudé
Il est important de souligner le refus à ce jour du pouvoir RHDP, de prendre des mesures d’exception pour permettre la réintégration du Président Laurent Gbagbo, de l’ex-Président de l’Assemblée Nationale Soro Kigbafori Guillaume et du Ministre Charles Blé Goudé, alors que les Ivoiriens dans leur majorité le demandent.
⦁ Le cas de M. Tidjane Thiam, Président du PDCI-RDA et Coordonnateur de la CAP-Côte d’Ivoire
L’on constate, une campagne de dénigrement orchestrée contre d’autres candidats de l’opposition, notamment le Président Tidjane Thiam.
⦁ La position de la CAP-Côte d’Ivoire
Mesdames et Messieurs, la CAP-Côte d’Ivoire réaffirme son attachement à la démocratie, au dialogue politique et à l’organisation d’élections transparentes et crédibles, et ne se laissera pas intimider par de basses manœuvres politiciennes.
Au regard de l’analyse ci-dessus de la liste électorale provisoire et des constats scandaleux qu’elle laisse apparaître, la CAP-Côte d’Ivoire

Création d’une nouvelle CEI avec des personnes de la société civile

⦁ Exige une réforme profonde de la CEI, notamment la création d’un nouvel Organe en charge des élections qui doit être :
⦁ Constitutionnellement protégé et inscrit dans la Constitution en tant qu’institution indépendante du gouvernement ;
⦁ Régi par une loi organique garantissant son autonomie et définissant un cadre clair en termes de Composition, d’Attribution, de fonctionnement, de budget et de gestion financière ;
⦁ Composé de membres issus de la société civile et des organisations professionnelles, sélectionnés sur des critères d’intégrité et de compétence ; les militants de partis politiques ne pouvant en aucun cas en faire partie.
⦁ Demande :
⦁ la mise à plat de la liste électorale pour son audit et sa recomposition ;
⦁ des sanctions contre les faudeurs ;
⦁ une Révision de la Liste Électorale (RLE) en 2025 ;
⦁ la convocation du dialogue politique entre le Gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile.
⦁ Exige la réintégration du Président Laurent Gbagbo, de l’ex-Président de l’Assemblée nationale Soro Kigbafori Guillaume et du Ministre Charles Blé Goudé sur la liste électorale.
⦁ S’oppose fermement à toute tentative d’éliminer Tidjane THIAM Coordonnateur de la Conférence des Présidents de la Coalition Pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire, de la liste électorale sur laquelle il figure aujourd’hui.
⦁ S’oppose fermement à toute candidature pour un quatrième mandat du Président de la République, ce qui serait anti-institutionnel, tout comme le troisième mandat l’a été.
⦁ Exhorte le pouvoir RHDP et ses démembrements à créer un climat politique apaisé, condition indispensable pour garantir un scrutin sans tensions en 2025.
L’enjeu majeur de la présente position de la CAP-Côte d’Ivoire est d’assurer à terme, la victoire à la démocratie, à la justice, à la paix avec une majorité écrasante en vue de permettre la reconstruction d’un Etat de droit, un Etat démocratique, avec des populations réconciliées, un Etat où il fait à nouveau, bon vivre.

Fait à Abidjan le jeudi 03 avril 2025

Pour la Coalition pour L’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire

 

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