La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, les deux figures de proue du pouvoir ouvre une période d’incertitude institutionnelle majeure. C’est dans ce contexte qu’Alioune Tine, figure de la société civile a livré une analyse empreinte de gravité, appelant les acteurs politiques à la responsabilité et au dépassement des egos.
Pour le droit-de-l’hommiste, l’acte posé par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, relève d’un arbitrage douloureux mais rendu nécessaire par les exigences de la charge présidentielle. « Rien n’est plus difficile pour le Bassirou Diomaye Diakhar Faye de rédiger le décret qui « performe » et acte la déliaison avec son « ami », son « mentor », son leader politique, le désormais ex-Premier minsitre Ousmane Sonko », souligne Alioune Tine.
Pour Alioune Tine cette mesure du président n’est pas sans risques. Affirmant que Sonko est encore populaire, fortement majoritaire à l’Assemblée nationale et il est apparemment largement soutenu par le leadership du parti et des militants inconditionnels.
Face à la crise, Alioune Tine estime que l’heure exige une union nationale similaire à celle observée lors de la crise sanitaire de 2020. « Ces moments appellent courage, lucidité et responsabilité de la part de tous les citoyens et particulièrement des leaders politiques. Toutes obédiences et sensibilités confondues. Il faut ranger les egos et l’esprit partisan dans les placards et considérer que le Sénégal, comme pendant la période de la Covid-19, a besoin d’unité, de solidarité pour relever les défis nombreux et complexes que beaucoup de citoyens vivent dans la souffrance, la quantité, l’angoisse et la peur du lendemain. »
Malgré l’extrême tension ambiante, Alioune Tine salue les premiers réflexes de la direction de PASTEF, qui s’efforce de contenir l’émotion de sa base pour éviter l’effondrement de l’appareil d’État. « Il faut se réjouir de la lucidité de Pastef qui tente de calmer l’émotion de militants gagnés par le fait mimétique et qui commençaient à démissionner dans les réseaux sociaux. Une bonne réaction. Les crises et les échecs permettent d’apprendre, de voir les faiblesses et de les corriger avec humilité. »
Pour l’analiste, ce traumatisme politique doit paradoxalement être transformé en une opportunité de refondation. « Ce climat est propice pour dialoguer, renouer les liens et trouver ensemble de bons compromis politiques, de trouver les moyens pour suivre leurs applications. Notre pays a besoin aujourd’hui de calme, d’équilibre et de lucidité politique pour avancer », conclut-il.
Source: seneweb.net