Côte d’Ivoire (Divo), lepays225.net-Entretien / Yao Kouame Joseph (Planteur de cacao) :« Le prix de 1200 FCFA fausse nos calculs »
Le Conseil Café-Cacao vient de fixer le prix bord champ du kilogramme de cacao fermenté, séché et trié à 1 200 F. Quelle est votre réaction ?
Lorsque le prix du cacao avait flambé sur le marché mondial, les autorités nous avaient demandé de patienter, affirmant que s’il y avait une baisse des coûts mondiaux, elles feraient en sorte que les paysans ivoiriens n’en subissent pas gravement les conséquences. Aujourd’hui, les prix sont en chute libre et nous n’avons pas perçu cet amortissement. Le prix de 1 200 F est bas par rapport aux promesses qui avaient été faites et à nos prévisions. Ce prix est insignifiant. Passer de 2 800 F à 1 200 F fausse complètement nos calculs. Au lieu d’avancer, nous reculons. Nous sommes obligés d’accepter malgré nous. Nous sommes profondément déçus par ce nouveau prix du kilogramme de cacao.
Il y a quelque temps, certains paysans dénonçaient le fait que leur cacao avait été emporté sans qu’ils ne perçoivent pas l’argent, mais seulement des reçus de reconnaissance de dette. Est-ce désormais un vieux souvenir ?
Pas du tout. Je détiens un reçu pour mon cacao acheté en novembre 2025 et j’attends toujours qu’on me verse mon argent. Cette situation a pour conséquence le refus de certains pisteurs d’acheter du cacao. Les magasins des GVC sont bondés de cacao, au point que certains refusent désormais d’acheter la production des paysans. Dans une telle situation, certains producteurs, en quête d’argent, ont bradé leur produit : 2 000 F pour les uns, 1 500 F, voire 1 300 F pour d’autres. Et ce que je vous dis s’est produit à un moment où le prix officiel était fixé à 2 800 F le kilogramme.
Le prix du kilogramme de cacao a maintenant été fixé à 1 200 F. Pensez-vous que les pisteurs qui ont pris le produit au prix de 2 800 F en tiendront compte ?
C’est là notre grande inquiétude. Depuis novembre 2025, date à laquelle le produit a été emporté, nous n’avons pas perçu un seul centime. Je doute fort qu’ils fassent preuve de bonne foi et qu’ils paient le cacao au prix officiel en vigueur avant la fixation du nouveau prix de 1 200 F. Les autorités auraient dû attendre la fin de la grande traite. Cela aurait obligé les acheteurs, les pisteurs et les GVC à respecter le prix antérieur. D’importants stocks de cacao se trouvent encore dans les magasins des coopératives et chez les acheteurs. J’invite les autorités à faire en sorte que le cacao pris aux paysans au prix de 2 800 F soit effectivement payé à ce prix et non à 1 200 F. Le non-paiement du cacao aux producteurs a plongé de nombreux paysans dans la misère. Beaucoup d’enfants de planteurs scolarisés dans des établissements privés ont été renvoyés faute de paiement des frais de scolarité du mois de janvier. Quant aux fêtes de fin d’année, les paysans que nous sommes les avons passées dans de très mauvaises conditions.
Source : In Le Franc-Tireur


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