Décembre, mois des fêtes de fin d’années, suscite chez beaucoup de personnes des émotions contradictoires. Si pour les tout-petits, décembre rime avec les congés, les fêtes de noël et de nouvel an, les aumônes de bonne année, les nouveaux habits, le festin, chez les adultes, ce mois sous-entend joie et angoisse des fêtes. En effet, de nombreuses personnes se ruent dans les lieux de prières, certains cherchent une réconciliation avec une personne avec laquelle le fil était rompu. D’autres en revanche rencontrent des proches. C’est durant ce moment que certaines entreprises offrent des cadeaux, le 13ème mois pour le privé ou décorent les plus méritant et anciens. « Papa, j’ai besoin d’un vélo », dixit un gamin de douze ans, en classe de 5ème à son géniteur. « Tu as promis m’offrir un cadeau de mon choix si j’ai une bonne moyenne au premier trimestre. J’ai eu 14 », indique l’élève à son père qui n’hésite pas à dire, « c’est entendu ». L’enfant, tout heureux repars attendant son cadeau dans les jours à venir. Outre les tout-petits, décembre est pour de nombreux transporteurs, la période qui rime avec la hausse du chiffre d’affaires. Notamment les cars de transport vu que de nombreuses personnes profitent de ce moment pour retrouver des parents, faire des achats en ville, etc. Au-delà de la joie des rassemblements familiaux, entre amis, ce qui peut créer un sentiment de communauté et de chaleur, et du partage, les décorations, la générosité que procure les fêtes de fin d’année, se mêle l’angoisse, la pression sociale, le stress des préparatifs, la solitude, la déception face à l’écart entre le fantasme et la réalité. Face aux dures réalités du moment marqué par la cherté de la vie, le souvenir d’un proche disparu durant l’année, les difficultés sociales, la pression sociale liée au manque de moyens financiers pour certains, limités pour d’autres. Conséquence, le stress, la fatigue peuvent provoquer un décalage avec la réalité du moment. Là où d’autres se la coule douce. « C’est difficile. Le mois de décembre me rappelle la perte de mon aîné. Celui-là même qui était à mon écoute, avec qui j’étais très proche. Depuis sa disparition, il y a un an, ma situation est devenue plus difficile. Cette année j’ai perdu mon jeune frère. En faisant mon bilan, je conclu que l’année a été difficile pour moi. J’ai mal. A la veille des fêtes de fin d’année, je ne sais encore pas ce que je vais offrir à mon fils comme présents, également à ma femme. Après les fêtes, il y a des factures qui vont arriver, le loyer à régler, les dépenses du mois vont augmenter et pourtant, mon salaire reste tel. Je ne reçois pas de 13ème mois », déclare, d’un air triste, un travailleur du secteur privé, la quarantaine environ. « Je comptais changer mon salaire à la fin de l’année. Vu les difficultés rencontrées durant ces derniers mois de 2025, je ne serai plus à mesure de le faire », déplore une mère-célibataire. « Je vis sur du crédit. On ne peut plus rien acheter. Avec les fêtes de fin d’année, c’est sûr que les prix des denrées alimentaires et autres produits de consommation vont connaitre une hausse. Selon les informations en provenance des localités rurales, la pluie se fait rare. Ce qui va provoquer la vite disparition de certaines denrées, la paupérisation du milieu rural d’où la sollicitation financière par les parents paysans de nous qui sommes en ville. Ce n’est pas facile », explique un enseignant du primaire, dans un quartier de la commune de la capitale économique Ivoirienne. « Il ne pleut pas depuis des mois. Nous n’avons rien. Notre vie rime avec les décès. Le cacao n’a pas produit. Nous n’aurons pas les moyens conséquents pour fêter », explique un paysan de la sous-préfecture de Divo, joint le jeudi 27 novembre 2025 au téléphone.
Janvier, autre difficulté
Si décembre constitue pour beaucoup une joie du fait d’une année de plus avec les dépenses excessives, les difficultés engendrées par ce mois plongent parfois les ménages entre deux chaises au point d’être englué dans l’après les fêtes de fin. C’est en ce moment qu’il faut faire face aux factures d’eau et d’électricité, au loyer, au quotidien de la maison, à la scolarité, au déplacement et autres. De lourdes charges qui troublent le quotidien de certaines familles au point de créer parfois des crises.
Décembre, mois de joie et d’angoisse, certes, janvier reste encore plus difficile. Le gouvernement qui a pris conscience de la situation, a décidé depuis quelques années, d’octroyer un tiers du salaire, à partir de janvier à tous les fonctionnaires de Côte d’Ivoire. C’est déjà bon. Mais encore des efforts !
Décembre 2025, une particularité
Six faits sont attendus durant ce mois. Il s’agit de l’investiture du président de la République, le président Alassane Ouattara, de la campagne de l’élection législative, du début de la Can 2025 au Maroc, de la fête de Noël, du message du 31 décembre du chef de l’Etat.
In Le Franc-Tireur


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