Côte d’Ivoire-Abidjan-Vend. 26 juin 2026-lepays225.net-Déguerpissement à Gesco-Les victimes interpellent le chef de l’état
Le collectif des victimes de l’opération de déguerpissement mené en janvier 2024 à Yopougon-Gesco sera en procès le 02 juillet 2026 avec le district d’Abidjan. Lors des échanges entre les avocats, le jeudi 25 juin 2026, l’avocat du District d’Abidjan a demandé au juge, l’irrecevabilité du dossier des victimes pour le fait que le site démoli serait un domaine public, appartenant à l’état de Côte d’Ivoire ; qu’aucune preuve n’indique que l’opération de destruction des habitations et commerce menée à Yopougon-Gesco serait le fait du District Autonome d’Abidjan. Cette audience fait suite à ce qu’il (collectif des victimes) considère comme une forfaiture administrative. Le collectif des victimes du déguerpissement de Yopougon-Gesco est monté au créneau pour crier son indignation face au silence et au mépris du district d’Abidjan, deux ans après la destruction de leurs habitations et commerce, sans aucune réparation en retour. Le collectif des victimes des cités Eden, Pays-Bas, 5 étoiles, la Paix (…) a décrié ce qu’il qualifie de mépris, de marginalisation du district d’Abidjan.
Les victimes abandonnées
Deux ans d’abandon et d’injustice, de spoliation sans préavis, qui rime avec la précarité extrême, la prolifération de cas de maladies chronique chez les adultes, de traumatisme, de décès, de chômage de certaines personnes dont les enseignants dont le collège Cha Hélène a été détruit. Mme Rose Koné, déguerpie de la cité Eden qui a vu son habitation rasée, soutient que le district d’Abidjan a orchestré une vaque de démolition, rasant les habitations et emportant les effets personnels sans aucune notification préalable ni mise en demeure ne leur ait été régulièrement adressée. « L’autorité administrative a violé le sanctuaire de nos vies et bafoué nos droits légitimes de propriété », s’insurge-t-elle. Pour les victimes, leurs habitations ne relevaient aucunement de l’anarchie ou de l’occupation illégale de zones à risques. Ils souviennent que nombre d’entre eux détiennent des arrêtés de Concession Définitive (ACD) en bonne et due forme, des attestations villageoises reconnues par la mairie de Yopougon.
Des vies brisées
Des milliers d’anciens habitants de Gesco désappointés, malades pour certains qui réclament justice. Mme Guédé est sage-femme diplômée d’état à la retraite, affirme avoir acquis un terrain à la Gesco et y avoir bâti une maison de retraite qui servait aussi de centre de santé privé avec maternité. « De 2015 jusqu’à la destruction de mon centre de santé, j’ai fait plus de 900 accouchements et plus de 2000 consultations. Avec la destruction du centre de santé et de ma maison, j’ai tout perdu », s’indigne la veuve Guédé, sage-femme à la retraite. Pour mémoire, la destruction du collège privé Cha Hélène, d’un effectif d’environ 1000 élèves, en plein année scolaire avait choqué toute la Côte d’Ivoire. Pour la destruction des 25 habitations de la cité Eden, les victimes réclament plus de 3 milliards de F CFA de dommage subis. Les victimes de l’opération de déguerpissement mené à Yopougon-Gesco affirme que jusqu’à ce jour, aucune compensation. Seulement le versement d’une allocation dérisoire de 250.000F par famille. Aucune promesse de relogement ou de réparation.
L.S.A


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