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Côte d’Ivoire-Affaire Saya-Paresi-Un complot contre un commerçant pour le déposséder…

Qui veut déposséder Saya Débrina du fruit de longues années de travail ? Un conflit oppose depuis lors le commerçant d’origine Nigérienne, Saya Debrina, à René Pierre André Paresi. L’affaire remonte à plusieurs années. Saya Debrina faisait de l’importation de la viande qu’il vendait à des particuliers. Vu que son commerce était porteur, René Pierre André Paresi, importateur de pattes de porcs, décide de se rapprocher de Saya afin de faire chemin ensemble. « Nous avons travaillé avec Dourou au point où nous avons engrangé 110 millions. Le partage a permis à chacun de nous deux d’engranger 55 millions de francs CFA. Avec l’obtention de cette manne financière, Paresi a souhaité que nous nous mettons ensemble pour créer une société. J’étais réticent.  Finalement, j’ai accepté sur la base de la confiance. Pour ce qui est des parts, j’ai donné 80 millions alors que Paresi a octroyé 55 millions de francs. Quand j’ai exigé qu’on fasse un contrat, Paresi n’a pas trouvé cela nécessaire. Il a rétorqué que nous devons travailler sur la base de la confiance. Cela s’est passé en présence de l’Allemand, Dourou. Sur la base de la confiance, la société  »Africa-viande » voit le jour. Dans les accords, chacun de nous deux devait percevoir un million de franc mensuel. Le reste d’argent devait servir à assurer les charges de l’entreprise. Je n’ai jamais perçu un centime des bénéfices d’un million mensuel », affirme mordicus, Saya. L’homme explique qu’il attendait que l’argent soit conséquent pour réclamer. Après quelques années, l’affaire tourne au vinaigre. Saya Debrina décide de partir de la société et réclame ce qui lui revient. Non, rétorque René Pierre André Paresi. L’affaire est portée devant les tribunaux en 2001. Saya Debrina gagne son procès. La partie adverse fait appel. Le dossier est remis à nouveau sur la table des juges. Suite au décès de son avocat, Saya se tourne vers un autre avocat, maître Paco. C’était en 2019. Depuis lors, rien. « Depuis que mon avocat, maitre Paco a pris le dossier en main, il est injoignable. Et pourtant, nous nous sommes accordés que je lui donne 15% de ce que j’obtiendrais si je gagne le procès. Quelques jours après, il est revenu à la charge pour exiger 25%. Ce que j’ai accepté. Nous avons signé un accord.  Quelques jours avant l’audience, je n’arrivais plus à le joindre. C’est ainsi que j’ai abdiqué. Je n’ai pas eu échos du verdict. Nous étions en 2019. C’est seulement en octobre 2025 que je suis parvenu à l’avoir au téléphone. A mon grand étonnement, il m’indique que j’ai perdu le procès, que la procédure est terminée il y a longtemps.  J’ai été indigné. Plus grave, Me Paco n’a pas fait appel dans le délai. Je ne comprends pas qu’un avocat puisse agir de la sorte. Je m’interroge… »s’étonne le commerçant de viande.  Joint au téléphone, l’avocat Paco déclarait, « j’ai repris la procédure mais l’adversaire a sorti des décisions. Comme quoi, il y a des décisions définitives qui ont déjà été rendues et qu’on ne peut pas reprendre la même affaire devant les mêmes juridictions ». Pendant ce temps, Paresi, pour effacer les traces de son associé, a changé le nom de la société. Africa-viande est devenue viande distribution puis La Paysanne.

 

Le jeu de ping-pong de Paresi et de son conseil

 

Dans notre quête de comprendre, nous nous sommes rendus dans les locaux de la société  »La paysanne » afin de recueillir la version des faits de René Pierre André Paresi. C’est une dame qui, en colère nous reçoit. Après les explications liées à notre visite. « Ce monsieur n’a rien à voir avec monsieur Paresi. Il a été débouté par la justice. Nous n’avons rien à vous dire. Référez-vous à notre avocat, maître N’Guessan. Son cabinet est au Plateau », souligne-t-elle sous un air de nervosité. A notre demande, elle accepte de nous remettre le contact de l’avocat de monsieur Paresi. Les jours qui ont suivi, nous avons appelé au cabinet de maître N’Guessan à plusieurs reprises dans le but de le rencontrer. Chaque fois, une dame au bout de la ligne nous rétorquait, «je vais transmettre le message ». Le mardi 02 décembre 2025, à la suite d’un énième appel, la secrétaire de l’avocat répond, « maître me charge de vous dire que s’il doit se prononcer sur ce dossier, il faudrait que son client, monsieur Paresi l’appelle pour le lui signifier. Ce qui n’a jusque-là pas été le cas. Demander à monsieur Oaresi d’appeler maître N’Guessan », insiste -t-elle. Pas même nos explications ne feront fléchir la secrétaire. Ce qui suscite des interrogations. Que cache Paresi et son avocat ? Se reprochent-ils quelque chose au point de refuser de dire leur part de vérité si tel est qu’ils sont dans le vrai.

 

Près d’un milliard de franc réclamé

Plus d’une trentaine après, Saya Debrina n’a toujours pas perçu un centime des 80 millions de francs investi dans la création de la société Africa-viande, encore moins d’un un million de franc qu’un devait recevoir mensuellement et des 180 millions de francs. Une situation qui a causé d’énormes préjudices au commerçant nigérien. Pour Saya Débrina, Paresi lui doit près d’un milliard de franc CFA sans compter les préjudices subis.

Le Franc-Tireur

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